La tradition Anglican face aux passages bibliques controversés
Chaque passage controversé de cette collection et la façon dont les lecteurs Anglican le comprennent — selon leurs propres termes, aux côtés de l’article complet présentant la lecture de chaque autre tradition.
Pierre et le roc
Pierre est-il le roc sur lequel l'Église est bâtie, et la papauté repose-t-elle sur ce passage ?
Le roc est le Christ ou la confession de Pierre ; certains admettent une primauté d'honneur, mais sans juridiction universelle.
Les théologiens anglicans de la Réforme, comme John Jewel, ont soutenu que le roc est le Christ lui-même ou la confession de foi, et non Pierre en tant que monarque absolu, et que les clés ont été accordées à tous les apôtres pour la prédication de l'Évangile. Richard Hooker a situé le pouvoir de lier et de délier dans le ministère plus large de la discipline spirituelle et de l'absolution au sein de l'Église. Plus tard, les anglo-catholiques et les dialogues œcuméniques ont exploré une primauté pétrinienne restreinte, d'honneur ou de service, mais la tradition dans son ensemble n'affirme pas de juridiction papale. Les clés sont exercées par les prêtres lors de l'absolution et par l'Église dans l'exercice de la discipline.
Lire l’article complet : Pierre et le roc →La foi et les œuvres
Une personne est-elle justifiée par la foi seule, ou aussi par les œuvres ?
La justification s'obtient par la foi seule, les œuvres en étant le témoignage nécessaire.
Les textes normatifs anglicans, en particulier l'article XI des Trente-neuf articles, affirment la justification par la foi seule, tout en insistant sur le fait que les bonnes œuvres sont le fruit nécessaire de la foi. Richard Hooker harmonise Jacques et Paul en soutenant que Jacques parle de la démonstration extérieure d'une foi véritable et justificatrice devant les hommes, et non du fondement initial de la justification devant Dieu. Le mouvement anglo-catholique, représenté par John Henry Newman, considérait la justification comme une réalité unique englobant à la fois la foi intérieure et sa réalisation extérieure dans les œuvres. Le courant libéral ou « Broad Church » met en avant Jacques 2:1-13 comme une critique des distinctions de classe, fondant la théologie sociale anglicane. Éphésiens 2:8-10 est utilisé pour tenir ensemble la grâce et les bonnes œuvres.
Lire l’article complet : La foi et les œuvres →Ceci est mon corps
En quel sens le pain et le vin sont-ils le corps et le sang du Christ ?
Un éventail d'interprétations : présence spirituelle réelle, présence objective ou mémorial.
La théologie anglicane réunit divers points de vue au sein d'une même communion. Le Livre de la prière commune emploie des termes forts pour désigner la manducation du corps et du sang du Christ, et Richard Hooker a enseigné que le sacrement est un instrument de participation réelle au Christ, sans en définir le mode. Les anglo-catholiques affirment une présence réelle objective, tandis que les anglicans évangéliques mettent l'accent sur une communion spirituelle par la foi et sur un mémorial de la mort du Christ. L'article XXXI rejette toute notion de sacrifice propitiatoire lors de la messe, mais la tradition dans son ensemble admet une authentique grâce sacramentelle. Cette largeur de vue se traduit par la multiplicité des interprétations données aux mêmes paroles d'institution.
Lire l’article complet : Ceci est mon corps →Le baptême
Le baptême est-il nécessaire au salut, et les nourrissons doivent-ils être baptisés ?
Le baptême est généralement nécessaire ; le baptême des nourrissons est affirmé, mais la régénération fait débat.
La tradition anglicane privilégie l'inclusivité doctrinale : les anglo-catholiques interprètent Jean 3:5 au sens littéral de la régénération baptismale, tandis que les évangéliques soulignent que la nouvelle naissance est une conversion intérieure non liée mécaniquement à l'eau. La liturgie baptismale du Livre de la prière commune cite Jean 3:5 et inclut les nourrissons, en se fondant sur Actes 2:39 et la théologie de l'alliance. Les Trente-neuf articles définissent le baptême comme un signe de la régénération, sans en faire une condition absolue du salut, bien qu'il en soit le moyen ordinaire.
Lire l’article complet : Le baptême →La prédestination
Dieu choisit-il qui sera sauvé, et sur quelle base ?
La prédestination à la vie est une consolation ; la réprobation spéculative est évitée.
L'article XVII affirme que la prédestination à la vie est une douce consolation, mais s'abstient délibérément de professer une stricte double prédestination ou une réprobation arbitraire. La tradition englobe des courants évangéliques/réformés (élection inconditionnelle) et des courants anglo-catholiques/arminiens (élection collective, vocationnelle). Richard Hooker a cherché une voie moyenne. La pastorale maintient la tension entre souveraineté divine et responsabilité humaine sans verser dans le fatalisme. La douleur de Paul pour ses compatriotes sert de modèle à l'intercession.
Lire l’article complet : La prédestination →Le salut peut-il être perdu ?
Un véritable croyant peut-il apostasier et être perdu ?
L'article XVI refuse de rejeter la pénitence ; les anglicans divergent sur la régénération préalable des déchus.
L'article XVI des Trente-neuf articles de religion rejette explicitement la lecture novatienne, affirmant que le bénéfice du repentir ne doit pas être refusé à ceux qui tombent dans le péché après le baptême. Des théologiens anglicans comme Jeremy Taylor déduisent du verset 2 que la confirmation est une pratique apostolique distincte du baptême. Au sein de l'anglicanisme, les évangéliques ont débattu pour savoir si les versets 4 à 6 décrivent l'apostasie de personnes véritablement régénérées ou de simples chrétiens de nom, reflétant les tensions plus larges entre calvinistes et arminiens. La théologie anglo-catholique se concentre sur les versets 19 et 20, voyant dans le Christ le Précurseur entré dans le sanctuaire céleste. L'usage pastoral oscille entre une mise en garde sévère contre l'engourdissement spirituel et une profonde consolation trouvée dans « l'ancre de l'âme », présente dans le Livre de la prière commune et les liturgies d'obsèques.
Lire l’article complet : Le salut peut-il être perdu ? →Le purgatoire et la prière pour les morts
Existe-t-il une purification après la mort, et ces textes l'enseignent-ils ?
L'anglicanisme classique rejette le purgatoire, bien que les pratiques varient quant à la prière pour les morts.
Les Trente-neuf articles qualifient la doctrine romaine du purgatoire de « chose futile, vainement inventée, et qui ne repose sur aucun témoignage de l'Écriture », et l'article VI classe 2 Maccabées parmi les écrits apocryphes, lus pour l'exemple mais non pour établir une doctrine. Dans 1 Corinthiens 3, des théologiens anglicans comme Richard Hooker ont utilisé le passage pour démontrer que même ceux qui construisent sur le fondement du Christ avec des doctrines erronées peuvent être sauvés « comme à travers le feu ». De nombreux anglicans ne voient donc pas dans ces textes l'enseignement d'une purification post-mortem. Parallèlement, certains courants anglo-catholiques formulent des prières pour les défunts comme une expression d'espérance, sans pour autant affirmer un état défini de purgatoire.
Lire l’article complet : Le purgatoire et la prière pour les morts →Les mille ans
Qu'est-ce que le règne de mille ans, et les croyants seront-ils enlevés avant la fin ?
Le courant principal de l'anglicanisme lit le millénium comme l'âge de l'Église.
La tradition anglicane, dans le sillage d'Augustin, considère généralement les mille ans comme l'ère présente où Satan est lié et où les saints règnent sacramentellement avec le Christ. Les premiers réformateurs anglais ont condamné le millénarisme littéral. Sur 1 Thessaloniciens 4, les spécialistes anglicans traditionnels rejettent la thèse d'un enlèvement secret ; N. T. Wright, par exemple, interprète le fait d'être emporté sur des nuées comme un accueil civique réservé à un roi qui revient. Le chapitre est intégré à l'office des défunts pour offrir une consolation pastorale.
Lire l’article complet : Les mille ans →Femmes et maris
Que signifie la soumission entre femmes et maris ?
Les provinces divergent : certaines enseignent une autorité ordonnée du mari, d'autres une soumission mutuelle égalitaire.
La tradition anglicane est plurielle sur ce texte. Le Livre de la prière commune de 1662 prescrit la lecture d'Éphésiens 5:25-32 lors du mariage pour montrer que celui-ci signifie l'union mystique entre le Christ et son Église, et de nombreuses provinces enseignent encore une autorité servante du mari. Parallèlement, les Églises anglicanes et épiscopaliennes contemporaines comptent de solides lectures égalitaires qui font du verset 21 le principe directeur, considérant les instructions spécifiques comme un code domestique lié à une époque culturelle précise. Les provinces et diocèses divergent : certains conservent une lecture complémentariste, tandis que d'autres affirment une réciprocité totale et célèbrent le mariage entre personnes de même sexe, les deux positions se réclamant de ce chapitre. Les Trente-neuf articles ont reclassé le mariage parmi les états de vie permis dans l'Écriture, et non comme un sacrement de l'Évangile, ce qui façonne également les débats anglicans.
Lire l’article complet : Femmes et maris →Relations homosexuelles
Que disent ces textes sur les relations entre personnes de même sexe, et abordent-ils l'orientation telle qu'elle est comprise aujourd'hui ?
Communion divisée : les traditionalistes y voient une interdiction universelle ; certaines provinces occidentales y voient des textes culturellement situés.
La résolution 1.10 de la Conférence de Lambeth de 1998 et le mouvement du Global South/GAFCON interprètent Lévitique 18.22, Romains 1.26-27 et 1 Corinthiens 6.9-10 comme une loi morale permanente, fondée sur la création, condamnant tout acte sexuel entre personnes de même sexe. Les voix progressistes au sein de provinces telles que l'Église épiscopale soutiennent que ces textes condamnent des pratiques antiques d'exploitation — pédérastie, prostitution sacrée ou débauche coercitive — et non des unions fidèles de même sexe, et que la catégorie moderne d'orientation sexuelle était inconnue des auteurs. Elles en appellent également à la dignité baptismale, à la raison et à l'expérience au sein du « triple cordon » anglican. Ce désaccord affecte la liturgie, les ordinations et les structures mêmes de la Communion.
Lire l’article complet : Relations homosexuelles →Homme et femme
Que révèle l'expression « homme et femme il les créa » sur le sexe et le genre ?
Diversifiée : de la complémentarité binaire à l'affirmation de la diversité de genre
L'anglicanisme englobe un large éventail de positions. Les anglo-catholiques traditionnels et les anglicans évangéliques lisent ce verset comme établissant une conception binaire et complémentaire du sexe et du genre, fondant le mariage comme l'union d'un homme et d'une femme. Des anglicans plus libéraux soutiennent que le texte affirme la bonté de la différence incarnée, sans pour autant prescrire des rôles de genre fixes ni aborder l'identité de genre comme distincte du sexe biologique. Certaines provinces, dont l'Église épiscopale, ont autorisé le mariage entre personnes de même sexe et l'ordination de personnes transgenres, interprétant l'image de Dieu comme intégrant diverses identités de genre ; d'autres rejettent cette approche comme contraire aux Écritures. Le recours propre à cette tradition à la raison et à l'expérience permet un débat continu.
Lire l’article complet : Homme et femme →Le Psaume 137 et sa malédiction
Que fait une malédiction visant des nourrissons dans les Psaumes ?
Tension : pleure l'exil ; les liturgies modernes omettent ou allégorisent la malédiction.
La réception anglicane maintient une vive tension entre la lamentation poignante (v. 1–6) et la violence de l'imagerie imprécatoire (v. 7–9). Le Livre de la prière commune de 1662 prescrit la récitation de l'intégralité du psaume, mais les révisions modernes, telles que le BCP épiscopalien de 1979 et Common Worship, omettent les versets imprécatoires, les jugeant incompatibles avec le culte chrétien. Des commentateurs anglo-catholiques comme Neale et Littledale ont allégorisé les derniers versets, interprétant Babylone comme le monde pécheur et les « petits enfants » comme les premiers mouvements du péché. Certains évangéliques et traditionalistes soutiennent que cette omission affaiblit le témoignage authentique que le Psautier porte au traumatisme.
Lire l’article complet : Le Psaume 137 et sa malédiction →Deutéronome 22 et la femme violentée
Qu'exigeait cette loi, et comment ses termes doivent-ils être traduits ?
Un précepte civil dont l'équité morale réclame justice et protection pour la victime, sans exiger l'application littérale de la peine.
L'herméneutique anglicane, fidèle à l'article VII des Trente-neuf articles, établit une distinction entre la loi morale, qui demeure obligatoire, et les préceptes civils et cérémoniels, qui ne lient pas les républiques chrétiennes. Cette loi est reçue comme une ancienne réglementation civile ; l'équité rationnelle qui la sous-tend exige que la violence sexuelle soit punie et que les besoins de la victime soient assurés. La mesure particulière du mariage obligatoire n'est pas appliquée, mais le principe de responsabilité à vie et de restitution perdure. Les anglicans considèrent ce passage comme faisant partie du témoignage vétérotestamentaire rendu à la justice de Dieu, éclairé par l'enseignement du Christ sur la miséricorde et le soin des vulnérables.
Lire l’article complet : Deutéronome 22 et la femme violentée →La ligature d'Isaac
Pourquoi Dieu ordonne-t-il à Abraham de sacrifier son fils ?
Épreuve de la foi, expiation par substitution et pédagogie divine contre le sacrifice d'enfants.
La lecture anglicane articule des interprétations typologiques, morales et évangéliques. Les évangéliques mettent l'accent sur le bélier substitutif et la foi justificatrice d'Abraham ; les anglo-catholiques s'appuient sur la typologie patristique d'Isaac portant le bois. La théologie libérale ou modérée (Broad Church), dans la lignée de F. D. Maurice, lit le passage comme une pédagogie divine : Dieu apprenait à Abraham à rejeter le sacrifice d'enfants, et non à l'exiger. Le texte est intégré dans le Livre de la prière commune, notamment à la vigile pascale, comme une leçon de l'histoire du salut annonçant l'Agneau véritable. La tradition souligne la providence ultime offerte par Dieu en Christ.
Lire l’article complet : La ligature d'Isaac →La fille de Jephté
Jephté a-t-il sacrifié sa fille, et le texte approuve-t-il son geste ?
Les anglicans classiques condamnent le vœu ; les épiscopaliens modernes voient en la fille une victime du patriarcat.
La théologie morale anglicane classique, enracinée dans l'article XXXIX et les Homélies, insiste sur le fait que les vœux doivent être prononcés selon la justice, le jugement et la vérité ; le vœu de Jephté était illicite et son accomplissement a aggravé le péché. L'évêque Joseph Hall soutenait qu'il vaut mieux se repentir d'un mauvais vœu que de l'accomplir. Les lectures contemporaines épiscopaliennes, libérales et progressistes, placent au centre la fille anonyme, lisant ce chapitre comme une critique dévastatrice de la violence patriarcale plutôt que de la spiritualiser en modèle d'obéissance. Le passage est utilisé comme un avertissement contre la foi transactionnelle et comme un appel à la lamentation.
Lire l’article complet : La fille de Jephté →Que son sang soit sur nous
Ce verset fait-il porter la culpabilité sur le peuple juif, comme on l'a longtemps affirmé ?
La liturgie fait prononcer ces paroles par l'assemblée pour confesser la complicité universelle de l'humanité.
De nombreuses liturgies anglicanes de la Semaine sainte confient le rôle de la foule à l'ensemble de l'assemblée, de sorte que le verset 25 ne soit pas entendu comme la voix d'un groupe ethnique particulier, mais comme celle de tout pécheur. Le Livre de la prière commune structure la lecture de la Passion pour susciter cette identification. Rowan Williams interprète le geste de Pilate se lavant les mains comme la dérobade du pouvoir séculier face à la vérité divine, et non comme un transfert de culpabilité sur le peuple juif. Les Trente-neuf articles de religion définissent la crucifixion comme une rédemption parfaite pour les péchés du monde entier.
Lire l’article complet : Que son sang soit sur nous →Votre père le diable
À qui s'adressent ces paroles, et comment ont-elles été détournées ?
La polémique reflète un conflit du premier siècle ; nécessité de répudier toute application antijuive.
La tradition anglicane, attachée à la raison et au contexte historique, lit souvent Jean 8 comme une interpellation universelle : ceux qui refusent la vérité apportée par Jésus sont les enfants du père du mensonge. Dans 1 Thessaloniciens 2, de nombreux théologiens anglicans, notamment dans le courant de la Broad Church, soulignent explicitement que les versets 14–16 reflètent un conflit intra-juif du premier siècle. Ils insistent sur le fait que « les Juifs » dans le contexte paulinien désigne les opposants judéens à l'Évangile, et non tous les Juifs. Cette lecture permet de répudier l'antijudaïsme et de replacer le texte dans son cadre historique.
Lire l’article complet : Votre père le diable →Nul ne vient au Père si ce n'est par moi
Le salut se trouve-t-il uniquement par le Christ, et qu'est-ce que cela implique pour les autres religions ?
Divisée en interne : le verset 6 est exclusiviste pour certains, le verset 2 est inclusiviste pour d'autres.
La réception anglicane couvre un large éventail. Les anglicans évangéliques, dans la lignée de J.C. Ryle, lisent Jean 14:6 comme une affirmation absolue et exclusive du salut par le Christ seul, rejetant les autres voies religieuses. Les anglicans libéraux et progressistes mettent souvent l'accent sur Jean 14:2 (« beaucoup de demeures ») comme le signe de la vaste hospitalité de Dieu et une mise en garde contre l'établissement de frontières rigides autour du salut. Les deux camps trouvent des appuis dans le même chapitre : l'un dans le caractère exclusif du « chemin », l'autre dans la pluralité des « demeures ». Le Livre de la prière commune utilise ce passage lors des funérailles, où le réconfort pastoral tend à souligner l'espérance plutôt que le jugement.
Lire l’article complet : Nul ne vient au Père si ce n'est par moi →Vierge ou jeune fille ?
Le terme almah dans Ésaïe signifie-t-il « vierge » ou « jeune fille », et le verset annonce-t-il Jésus ?
Une lecture intégrale : signe historique et accomplissement christologique
La réception anglicane se caractérise par son souci d'intégration, naviguant entre l'exégèse historico-critique et l'orthodoxie christologique classique. Les sensibilités anglo-catholique et évangélique mettent l'accent sur la conception virginale miraculeuse, lisant le passage à travers l'Évangile selon Matthieu ; Lancelot Andrewes a prêché Emmanuel comme l'union des natures divine et humaine. Les courants libéraux et progressistes, à la suite de biblistes comme Charles Gore, comprennent almah dans son horizon historique premier comme une jeune femme de la cour d'Achaz, constituant un signe politique immédiat. Cette lecture critique n'annule pas la théologie orthodoxe, mais considère l'usage fait par Matthieu comme une relecture théologique. Le chapitre est profondément ancré dans le lectionnaire pour l'Avent et l'Annonciation.
Lire l’article complet : Vierge ou jeune fille ? →La finale longue de Marc
L'Évangile de Marc s'achevait-il en 16,8, et qu'en est-il des versets qui suivent ?
Les anglicans divergent : certains tiennent le verset 8 pour l'original, d'autres emploient les versets 9 à 20 pour la théologie sacramentelle.
La réception anglicane intègre la critique textuelle et la tradition, de sorte que la question de la finale de Marc est traitée comme ouverte. De nombreux anglicans, à la suite de Westcott et Hort, considèrent le verset 8 comme le texte le plus ancien accessible, et certains discernent un sens théologique dans sa brusquerie, perçue comme un appel adressé au lecteur à proclamer la résurrection. D'autres, particulièrement les anglo-catholiques et les anglicans évangéliques, reçoivent la finale longue comme canonique et emploient le verset 16 dans la catéchèse baptismale et le verset 19 le jour de l'Ascension. Le Book of Common Prayer prescrit les versets 1 à 8 pour Pâques et le verset 19 pour l'Ascension, les maintenant tous deux dans la liturgie.
Lire l’article complet : La finale longue de Marc →La femme adultère
Cet épisode faisait-il partie de l'Évangile de Jean dès l'origine ?
Une insertion plus tardive, pourtant historiquement vraie et dotée d'une autorité canonique.
Des érudits anglicans tels que B. F. Westcott reconnaissent que le passage est une insertion manuscrite ultérieure, mais maintiennent sa véracité historique et son autorité canonique. Le recours anglican à la raison autorise la critique textuelle, tandis que la tradition conserve la péricope dans le lectionnaire et dans le Livre de la prière commune. Elle est lue comme une profonde révélation de la miséricorde divine, en accord avec le témoignage de l'Évangile. Les lectures anglicanes évangéliques soulignent l'Évangile de la grâce dans l'absolution accordée par Jésus. Les lectures de la « Broad Church » voient une vérité universelle dans le refus de Jésus de condamner.
Lire l’article complet : La femme adultère →Le Comma johannique
La formule trinitaire explicite de 1 Jean 5 est-elle d'origine ?
Les anglicans ont autrefois reçu le Comma dans la KJV, mais le rejettent aujourd'hui comme une interpolation.
La version King James, fondée sur le Textus Receptus, incluait le Comma, et d'anciens théologiens et liturgies anglicans le citaient parfois. Cependant, des biblistes anglicans tels que B. F. Westcott ont démontré que la proposition est absente des manuscrits grecs anciens et des premières versions, ce qui a conduit l'Église d'Angleterre et la Communion anglicane mondiale à adopter des textes critiques modernes sans cette mention. Les lecteurs anglo-catholiques peuvent toujours voir dans l'eau et le sang des témoins des sacrements institués par le Seigneur, tandis que les lecteurs évangéliques et de la « Broad Church » soulignent la référence historique au baptême et à la crucifixion du Christ. Aucun de ces courants ne fonde la doctrine trinitaire sur le Comma ; les Trente-Neuf Articles confessent la Trinité à partir de l'Écriture et des symboles de foi.
Lire l’article complet : Le Comma johannique →Le divorce et la clause d'exception
Quand, si jamais cela est possible, un mariage peut-il être dissous et un autre contracté ?
Divisée en interne : indissolubilité stricte sur le plan historique, mais les provinces contemporaines autorisent le remariage après un divorce.
Historiquement, l'anglicanisme a professé une conception stricte de l'indissolubilité conjugale fondée sur Matthieu 19:4-6, la clause d'exception suscitant des débats. Les anglo-catholiques ont mis l'accent sur le lien sacramentel inviolable ; les évangéliques ont souvent reconnu que l'exception permettait le divorce et parfois le remariage dans des circonstances restreintes ; les partisans de la Broad Church et les anglicans progressistes ont fait appel à la raison et à la théologie pastorale pour prendre en compte la faillibilité humaine. Le verset 6 constitue la déclaration culminante de la liturgie du mariage dans le Livre de la prière commune. Les provinces anglicanes modernes, notamment l'Église épiscopale, ont élaboré des processus canoniques pour le remariage des personnes divorcées, reflétant cette diversité interne.
Lire l’article complet : Le divorce et la clause d'exception →La dîme
Les chrétiens doivent-ils donner la dîme, et le don apporte-t-il une bénédiction matérielle ?
La dîme est une référence biblique, mais les anglicans divergent sur son caractère obligatoire.
La réception anglicane utilise Malachie 3 dans les liturgies de l'Avent et de la Chandeleur, les versets 8-10 étant fréquemment lus lors des campagnes d'intendance financière. De nombreuses paroisses anglicanes enseignent la dîme comme une norme biblique et un point de départ pour le don chrétien, tandis que d'autres mettent l'accent sur l'appel néotestamentaire à une générosité libre et joyeuse plutôt que sur un pourcentage fixe. La tradition du Livre de la prière commune maintient l'offertoire comme un acte central du culte, et le soutien à l'Église est considéré comme faisant partie du discipulat chrétien. La promesse des écluses ouvertes est souvent appliquée pour encourager la confiance dans la providence divine, mais non comme une garantie mécanique.
Lire l’article complet : La dîme →Obéir au gouvernement
Les chrétiens doivent-ils obéir à tous les gouvernements, et y a-t-il des limites ?
Historiquement une obéissance stricte ; la tradition ultérieure autorise la résistance à la tyrannie.
Aux premiers temps de l'Église d'Angleterre, Romains 13, 1-7 a été utilisé dans le Premier Livre des Homélies et à l'article 37 des Trente-neuf Articles pour exiger l'obéissance à la Couronne et condamner toute rébellion. Durant la Révolution américaine, le clergé loyaliste a maintenu cette lecture, tandis que les pasteurs partisans de l'indépendance soutenaient que les autorités perdaient leur mandat divin dès lors qu'elles cessaient d'être des ministres de Dieu pour le bien, comme le verset 3 conditionne cette fonction. La tradition est donc intérieurement divisée : un courant interprète le passage comme exigeant la non-résistance au gouvernement établi, un autre comme autorisant, voire exigeant, la résistance à un dirigeant qui devient une terreur pour les bonnes actions. Les collectes du Livre de la prière commune maintiennent vivantes ces images dans le culte, mais les applications politiques ont varié selon les contextes.
Lire l’article complet : Obéir au gouvernement →La création et l'âge de la terre
Les jours de Genèse 1 sont-ils littéraux, et qu'enseignent ces chapitres au sujet des origines ?
Les jours forment probablement un cadre littéraire ; Écriture, tradition et raison admettent l'évolution.
La théologie anglicane maintient ensemble l'Écriture, la tradition et la raison, et de nombreux théologiens anglicans, du courant de la Broad Church jusqu'à des scientifiques-théologiens comme John Polkinghorne, lisent les jours de Genèse 1 comme un cadre théologique plutôt que comme des périodes littérales de 24 heures. L'article I affirme que Dieu est le créateur de toutes choses visibles et invisibles, et la déclaration répétée de la bonté de la création fonde une vision sacramentelle du monde matériel. Genèse 2,7 est souvent lu sous un angle mythopoétique compatible avec la biologie évolutive, le souffle de vie signifiant l'attribution de l'image divine. Les anglicans traditionnels peuvent toutefois maintenir des lectures littérales ; la tradition embrasse un large éventail d'opinions.
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